
Le 19 mars dernier, journée de grèves et de manifestations nationales, une cinquantaine d’employés du Leclerc Méridien d’Ibos (65) – dont l’immense majorité de l’ Espace Culturel – se sont joints à la manifestation à Tarbes pour réclamer de meilleurs salaires … pour la première fois depuis 1976, dans une entreprise ou aucun syndicat n’est présent.
La banderole « salariés du Leclerc-Méridien les salaires les plus bas » détournait avec ironie le slogan d’Edouard Leclerc « les prix les plus bas ».
Ce trait d’humour n’a pas été du gôut de la direction qui n’a pas tardé à réagir en déclenchant une procédure de licenciements prétenduments économiques contre 3 salariés de la librairie (grévistes)… réponse d’une violence inouie à un mouvement de grève spontané.
Le licenciement économique peut laisser perplexe car l’espace culturel fait partie de la société CDA Sud-Ouest qui gère l’hypermarché . Il faut savoir que ce dernier va engager des travaux de reconstruction et d’agrandissement d’une valeur de plus de 50 Millions d’euros. Les patrons ont touché les précédentes annés des dividendes supérieurs à 2,5 millions d’euros.Le chiffre d'affaires en 2007 était de 135 Millions d'euros.
Ce qui se passe ici est révélateur d’une pratique qui tend à se généraliser en France. La volonté de réprimer toute action revendicative. Les patrons ne tolèrent pas que leur toute puissance soit contestée et leurs privilèges remis en cause.
Ils appellent de leurs vœux une société ou règnerait de façon irréversible la loi de la jungle ; une société ou les salariés inorganisés, isolés et donc voués à l’impuissance, ne seraient plus en mesure de défendre leur dignité et leurs droits collectifs et individuels.
Ce blog se veut un lieu d'informations pour les personnes désireuses de connaître les tenants et les aboutissants de cette affaire.
05/11/09
La Parole aux Licenciés

04/11/09
Conciliation ?... Non !
Pas de surprise : l'avocat du CDA Sud Ouest n'avait rien à proposer, sinon de passer au jugement. A noter, son client, Mr Saint-Laurent était absent, alors qu'il fait d'habitude acte de présence.
Une date a donc été fixée pour l'audience : elle aura lieu le mardi 2 Mars.
Nous remercions chaleureusement toutes celles et ceux qui sont venus nous soutenir devant le conseil des prud'hommes entre midi et deux. Malgré les averses, nous étions une centaine au plus fort du rassemblement.
La lutte continue !
02/11/09
Droit de réponse à la CFDT
Extrait : "Le deuxième point abordé par la CFDT concerne les élections au Méridien, plus particulièrement le collectif créé autour du licenciement de trois salariés : "Ils ont interpellé les organisations syndicales. On a répondu présent en même temps que la CGT mais aucun salarié n'a rejoint la CFDT. On les a aidés, en retour, on n'a rien du tout… »
Nous répondons, sans entrer dans le jeu des divisions, mais pour tirer les choses au clair et rétablir la vérité.
Car il est regrettable qu'en cette période ou toutes les forces d'opposition sociales (partis politiques, associations, syndicats) sont plus que jamais chahutées que La CFDT utilise la presse pour étaler son amertume en fustigeant ses compagnons de lutte . Cette attitude fait du mal au syndicalisme et aux salariés.
-Contactée une première fois pour se joindre au collectif de soutien des 3 salariés du Leclerc, la CFDT locale répond qu'elle ne s'investira que s'il y a adhésion à leur syndicat.
-Un salarié CFDT a été licencié du Leclerc Orleix. Nous avons demandé plusieurs fois à rencontrer la section syndicale CFDT Orleix afin de savoir ce qui s'était passé pour ce salarié et afin de coordonner des actions de soutien en sa faveur. Personne n'est venu.
-Nous avons rédigé un tract de soutien à ce salarié et attendons toujours l'avis de la CFDT quant à sa diffusion.
-Nous notons que la CFDT préfère tirer à boulets rouges sur le comité de soutien au lieu d' utiliser la presse pour dénoncer le licenciement apparemment abusif du salarié d' Orleix.
-Enfin la CFDT ne peut pas forcer les salariés du Méridien à choisir leur syndicat. Nous voyons clairement qu'elle participait au comité dans le but d' "encarter". Son retrait après l'annonce de la création d'une section syndicale CGT au Méridien le prouve. D'autres syndicats, l'UNSA, FSU et Solidaires sont toujours présents quand il s'agit avant tout de défendre le droit de grève. Ils se montrent également respecteux du choix des employés du Méridien.
Pour finir, la CFDT locale ne nous avait jamais confié son ressenti. Nous sommes pourtant ouverts au dialogue. Nous ne nions pas la participation que la CFDT a apportée au collectif de soutien , au même titre que les autres syndicats et organisations présentes. Mais nous trouvons regrettable qu'elle se montre incapable de participer durablement à un mouvement unitaire.
