« C’est par des informations étendues et exactes que nous voudrions donner à toutes les intelligences libres le moyen de comprendre et de juger elles-mêmes les évènements du monde . » Jean Jaurès
Le 19 mars dernier, journée nationale de grèves et de manifestations, une soixantaine d’employés du Leclerc-Méridien d’Ibos - dont l’immense majorité de l’Espace Culturel - se sont joints au défilé Tarbais… pour la première fois depuis 1976, dans une entreprise où aucun syndicat n’est implanté.
Trois mois plus tard, trois salariés de l’Espace Culturel étaient licenciés pour raison « économique »…
Immédiatement, un collectif de soutien s’est créé, contestant le motif invoqué par la direction.
Quelques chiffres à méditer :
§ Les prochains travaux d’aménagement du Méridien sont évalués à 50 millions d’euros.
§ S’y ajoutent depuis peu les 27 millions d’euros que l’entreprise était prête à investir pour s’implanter sur la zone Séméac-Soues.
§ Les bénéfices réalisés pour la dernière année rendue publique s’élevaient à 4 872 000 €*.
§ Les dividendes reversés aux actionnaires étaient de 2 430 000€*.
Pour rappel, les 3 salariés licenciés, qui menaçaient vraisemblablement l’équilibre financier de l’entreprise, percevaient le SMIC.
Alors, ces licenciements : économiques ?!
Il s’agit en fait d’une sanction pour fait de grève qui, au-delà des 3 personnes concernées, vise à intimider l’ensemble du personnel et le dissuader de faire valoir ses droits collectifs et individuels.
Ce qui se passe ici est révélateur d’une pratique qui tend à se généraliser en France : la volonté de réprimer toute action revendicative et de criminaliser toute forme de lutte. Les patrons ne tolèrent pas que leur toute-puissance soit contestée et leurs privilèges remis en cause.
Ils appellent de leurs vœux une société où règnerait de façon irréversible la loi de la jungle ; une société où les salariés isolés, inorganisés, et donc voués à l’impuissance, ne seraient plus en mesure de défendre leur dignité.
Une société où chaque individu disparaîtrait derrière une logique de rentabilité.
C’est précisément une telle vision du monde que combattait Jaurès. Ses articles dans La Dépêche témoignent de son engagement contre l’injustice sociale.
Son combat fut aussi celui d’une presse libre et indépendante.
Depuis juin dernier, l’affaire des licenciés du Leclerc-Méridien a trouvé un écho dans différents médias nationaux, dont Le Monde.
Nous regrettons que dans la presse locale, elle ait été réduite à la portion congrue, quand les faits divers occupent souvent la une.
Aujourd’hui, le seul hommage possible à Jean Jaurès est de perpétuer son combat.
Le Collectif de soutien aux Licenciés du Leclerc-Méridien
(CGT – FSU – UNSA – SOLIDAIRES – ATTAC – FRONT de GAUCHE – GAUCHE UNITAIRE – LO – NPA – PARTI de GAUCHE – PCF – PS)
(cliquer pour agrandir)
voici également l'article paru dans la Dépêche d'aujourd'hui (cliquer pour agrandir):
Bref, un vendredi 13 riche en évènements. Bravo aux salariés du Méridien qui relèvent la tête.
Merci aux membres du collectif de soutien pour leur ténacité dans la mobilisation.
On continue !!!


